Présidentielle : pour une meilleur prise en charge de la dépendance et du handicap

Publiée le 24 février 2012

Au cours du mois de février, plusieurs organismes du champ médico-social ont appelé les candidats à l’élection présidentielle à s’engager en faveur d’une meilleure prise en charge de la dépendance et du handicap.


« Non, l’aide à l’autonomie (comme la santé) n’est pas un bien marchand ! »

Le collectif  « Pour un droit universel d’aide à l’autonomie » -  qui regroupe un quinzaine de membres, parmi lesquels des responsables de la Fédération hospitalière de France (FHF), l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), la Fédération nationale des Associations de retraités (FNAR), les Aînés Ruraux, ou encore le Collectif des démocrates handicapés (CDH) – a fait connaître lundi 20 février, dans un communiqué, le texte qu’il a soumis aux candidats, les appelant à poursuivre la réflexion entamée sur la perte d’autonomie et à proposer des solutions équitables et solidaires.

Ils réclament en particulier la fin de la « barrière d’âge » fixée à 60 ans entre le droit à la prestation de compensation du handicap (PCH) et l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Ils souhaitent une réforme « touchant également la gouvernance du dispositif d’aide et de soins ». Le droit d’aide à l’autonomie devrait être, selon eux, « financé essentiellement par la solidarité nationale ».

« évaluer les besoins d’accompagnement et de compensation des personnes handicapées »

La Fédération nationale des associations gestionnaires au service des personnes handicapées (Fegapei) a diffusé ce mardi ses 10 « propositions politiques ». Elle réclame la mise en place d’un système d’information national « permettant d’évaluer les besoins d’accompagnement et de compensation des personnes handicapées ». Elle propose l’élaboration d’une « convention collective étendue pour le secteur sanitaire, social et médico-social ».

La fédération suggère de créer des « plates-formes de services de proximité » pour « fluidifier les parcours des personnes handicapées et territorialiser les réponses ». Elle considère que la coordination de ces plates-formes doit revenir au secteur médico-social, tout en associant les secteurs sanitaire et social.

Pour « un droit universel à la compensation de la perte d’autonomie »

L’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss) a présenté sa « plateforme présidentielle » le 9 février. Elle plaide, elle aussi, pour « un droit universel à la compensation de la perte d’autonomie », ainsi que pour la suppression de la « barrière d’âge ». Elle souhaite que la PCH soit réévaluée, et qu’ »un programme en faveur des aidants » soit lancé.

Elle estime nécessaire de donner une « marge de manœuvre » aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et aux services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) pour accomplir leurs missions. « Toute réforme de la tarification doit par ailleurs être l’occasion de réduire la charge financière pesant sur les résidents », ajoute-t-elle.

Concernant les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), elle juge qu’ »il convient d’établir une coordination entre les besoins des usagers et la planification territoriale assurée par les agences régionales de santé (ARS) et les conseils généraux ».

Elle appelle à soutenir les services d’aide à domicile, jugeant que ce secteur ne doit plus être régulé par le marché. Elle entend le faire « réinscrire dans les modes de régulation propres aux institutions sociales et médico-sociales ».

Elargir et officialiser « la refondation de l’aide à domicile »

L’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles (UNA) a présenté mardi dernier « ce qu’elle aimerait entendre du futur chef de l’Etat » (lire le « programme présidentiel » de l’UNA). Elle demande « l’élargissement et l’officialisation de la refondation de l’aide à domicile ». Il s’agirait notamment de renforcer les efforts « en matière de professionnalisation » des intervenants, et de conforter les services « dans leur rôle d’acteurs de la prévention ».

Pour financer le secteur, elle préconise de limiter le recours à l’assurance privée et de supprimer « tout principe de recours sur succession ». Elle propose de créer un fonds d’intervention pour venir en aide aux services les plus en difficulté.
Elle souhaite recevoir « la garantie d’un financement dédié et plus conséquent » pour les Ssiad.

L’Association des Paralysés de France (APF) a fait connaître, quant à elle, dès fin janvier ses propositions pour le handicap, « Pour une société ouverte à tous » (lire le Pacte 2012 de l’APF).

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Source d’information : l’Agence de presse médicale (APM)